L’absence de CSE expose les employeurs à des sanctions pénales sévères pouvant aller jusqu’à 7 500 euros d’amende. Depuis l’ordonnance de 2017, cette obligation légale concerne toutes les entreprises de 11 salariés et plus. Comprendre ces sanctions permet d’éviter les poursuites judiciaires et de respecter les droits des salariés.
À retenir : les employeurs encourent une amende pouvant atteindre 7 500 euros en cas d’absence de CSE ou de délit d’entrave. Cette sanction pénale s’applique personnellement aux dirigeants d’entreprise et peut être accompagnée de peines complémentaires selon la gravité des faits reprochés.
L’obligation légale de mettre en place un CSE en entreprise
Depuis l’ordonnance du 22 septembre 2017, les entreprises françaises employant au moins 11 salariés pendant 12 mois consécutifs ont l’obligation légale d’instaurer un comité social et économique. Cette disposition du Code du travail impose à l’employeur d’organiser des élections professionnelles dans un délai de 90 jours maximum suivant l’information du personnel. Le renouvellement de cette instance représentative doit intervenir tous les 4 ans, sauf accord collectif fixant une périodicité différente comprise entre 2 et 4 ans.
L’initiative obligatoire de l’employeur
L’employeur porte la responsabilité exclusive d’organiser le scrutin électoral pour constituer le CSE. Cette obligation s’impose dès que le seuil d’effectif de 11 salariés est franchi. Le défaut d’initiative ou un refus injustifié constitue une infraction pénale passible de sanctions. L’employeur doit informer le personnel par tout moyen de l’organisation prochaine des élections, en précisant la date envisagée pour le premier tour.
Le droit de saisine des salariés
Lorsque l’employeur ne prend pas l’initiative requise, un salarié de l’entreprise ou une organisation syndicale peut le saisir pour exiger l’organisation d’élections. Le premier salarié ayant formulé cette demande bénéficie d’une protection particulière contre le licenciement, à condition que son initiative soit confirmée par une organisation syndicale représentative. Cette protection vise à garantir l’exercice effectif du droit électoral sans crainte de représailles professionnelles.
Les sanctions en cas de non-respect
Le non-respect de ces obligations légales expose l’employeur à des poursuites pénales pour délit d’entrave. Les conséquences judiciaires peuvent s’accompagner de dommages et intérêts envers les salariés privés de représentation.

Le délit d’entrave : définition et éléments constitutifs
Définition juridique du délit d’entrave
Le délit d’entrave au fonctionnement du CSE constitue une infraction pénale sanctionnée par le Code du travail. Cette qualification intervient dès lors qu’un employeur empêche, par action ou omission, la constitution, le fonctionnement normal ou l’exercice des missions dévolues au comité social et économique.
Les éléments constitutifs du délit
Le délit d’entrave se caractérise par un comportement de l’employeur qui fait obstacle aux prérogatives du CSE.
Comportements constitutifs d’entrave
Plusieurs situations peuvent constituer un délit d’entrave. Le refus persistant d’organiser les élections malgré les sollicitations des organisations syndicales ou des salariés figure parmi les cas susceptibles d’être retenus. La non-transmission des informations obligatoires au CSE, notamment les documents économiques et financiers nécessaires à l’exercice de ses attributions consultatives, peut également caractériser cette infraction. L’absence de mise à disposition des moyens matériels indispensables au comité, tels que le local dédié ou le budget de fonctionnement, constitue par ailleurs une forme d’entrave. La rétention d’informations lors des consultations obligatoires ou le non-respect des délais réglementaires de consultation peuvent également être retenus à l’encontre de l’employeur.

Les sanctions pénales encourues par l’employeur
Peines d’amende et classification des infractions
Le Code du travail établit une distinction entre les différentes infractions relatives au CSE. L’absence d’organisation des élections ou l’entrave à la constitution du comité constitue un délit pénal susceptible d’entraîner des sanctions pour les dirigeants. Cette sanction s’applique également en cas de non-fourniture des informations obligatoires ou de refus de mettre à disposition les moyens matériels nécessaires au fonctionnement du CSE.
Responsabilité pénale personnelle des dirigeants
La responsabilité pénale incombe personnellement au chef d’entreprise ou à son représentant légal. Cette responsabilité ne peut être déléguée que dans des conditions strictement encadrées par la jurisprudence.
Contrôles et procédures de poursuite
L’inspection du travail dispose de pouvoirs étendus pour constater les infractions. Après vérification, l’inspecteur peut dresser un procès-verbal transmis au procureur de la République. Les contestations relatives au CSE doivent être effectuées par voie de requête auprès du tribunal judiciaire dans les délais prévus par la réglementation.

Les conséquences civiles et administratives de l’absence de CSE
L’absence de mise en place d’un CSE entraîne des répercussions qui dépassent le cadre pénal. Les employeurs s’exposent à des contestations multiples qui fragilisent la validité juridique de leurs décisions managériales. Les conséquences touchent notamment la consultation obligatoire préalable à certains actes de gestion, dont l’omission peut invalider des décisions pourtant stratégiques pour l’entreprise.
Les risques de contestation des décisions prises sans consultation du CSE
Les décisions de l’employeur nécessitant une consultation préalable du comité social et économique peuvent faire l’objet de contestations en cas de non-respect de cette obligation. Les salariés concernés disposent d’un recours devant le tribunal judiciaire pour contester ces mesures. Par ailleurs, les membres du CSE bénéficient d’une protection particulière contre le licenciement nécessitant une autorisation de l’inspecteur du travail.
Le rôle de l’inspection du travail
L’inspection du travail joue un rôle de surveillance dans les entreprises dépourvues de CSE. L’agent de contrôle de l’inspection du travail peut imposer la création du CSE s’il l’estime nécessaire. Le procès-verbal de carence, établi lorsque aucun candidat ne se présente aux élections, doit être transmis à l’inspection du travail dans les 15 jours. Ce document atteste de l’impossibilité de constituer l’instance représentative, mais n’exonère pas l’employeur de ses obligations en matière de santé et sécurité au travail.
Les difficultés dans la gestion des activités sociales
Sans CSE fonctionnel, l’organisation des activités sociales et culturelles destinées aux salariés devient problématique. L’employeur ne peut pas transférer la gestion du budget alloué à ces activités, créant un vide administratif préjudiciable pour les salariés qui perdent l’accès à ces avantages collectifs.

CE Expertises : accompagnement des entreprises dans la mise en conformité
Un partenaire expert dans la conformité juridique des instances représentatives
Face aux obligations légales liées à la mise en place et au fonctionnement du CSE, les entreprises recherchent des experts capables de les accompagner dans leurs démarches. CE Expertises s’est imposé comme une référence dans ce domaine, grâce à son expertise pointue en droit du travail et sa connaissance approfondie des règles régissant les instances représentatives du personnel.
Le cabinet intervient à plusieurs niveaux pour garantir la conformité des entreprises. Son équipe assiste les employeurs dans le respect de leurs obligations légales, en veillant au respect scrupuleux des délais et des procédures. Cette intervention préventive permet d’éviter les contestations ultérieures.
Une assistance juridique complète pour les CSE et les employeurs
CE Expertises propose également un accompagnement continu lors des réunions du CSE, en analysant les documents fournis par l’employeur et en vérifiant la régularité des consultations obligatoires. Le cabinet s’appuie sur des compétences internes solides et des relations privilégiées avec des juristes spécialisés en droit du travail. Cette double expertise permet de sécuriser les décisions de l’entreprise et de prévenir les risques de contentieux.
Les services proposés comprennent notamment la vérification de la mise à disposition des moyens nécessaires au fonctionnement du CSE (heures de délégation dont le nombre varie selon l’effectif de l’entreprise, local, subvention de fonctionnement pour les entreprises d’au moins 50 salariés), et l’assistance lors des contrôles de l’inspection du travail.

L’essentiel à retenir sur les sanctions en cas d’absence de CSE
Les sanctions liées à l’absence de CSE évoluent vers un renforcement des contrôles. L’inspection du travail intensifie ses vérifications et les tribunaux se montrent plus sévères envers les employeurs récidivistes. Les évolutions jurisprudentielles tendent vers une protection accrue des droits collectifs des salariés. À l’avenir, on peut s’attendre à une numérisation des procédures de mise en demeure et à une harmonisation européenne des sanctions.